Développement personnel
L'auto-compassion — ce que dit la recherche
Être bienveillant envers soi-même après un échec, est-ce se ramollir ? Les données disponibles suggèrent plutôt l'inverse — avec une réserve de taille sur ce qu'elles permettent de conclure.
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« Si je suis indulgent avec moi-même, je vais me relâcher. » C’est l’intuition de beaucoup de gens, et c’est ce qui rend l’auto-compassion suspecte : elle ressemble à de la complaisance. La recherche décrit pourtant quelque chose de différent.
De quoi parle-t-on ?
Le terme désigne l’attitude consistant à traiter ses propres échecs comme on traiterait ceux d’un ami : reconnaître la difficulté, se rappeler que l’imperfection est commune à tous, ne pas s’infliger de reproches disproportionnés. Elle se distingue de l’estime de soi, qui concerne la valeur que l’on s’attribue, et qui fluctue avec les réussites.
Ce que montrent les études
- Une méta-analyse portant sur 20 échantillons issus de 14 études a trouvé une association forte entre auto-compassion et symptômes psychopathologiques (r = −0,54) : plus l’auto-compassion est élevée, moins les symptômes de dépression ou d’anxiété sont marqués (MacBeth et Gumley, 2012).
- Des expériences en laboratoire suggèrent qu’elle n’éteint pas la motivation. Dans les travaux de Breines et Chen (2012), des participants invités à adopter un regard compatissant après un échec se montraient plus motivés pour s’améliorer que ceux d’un groupe témoin.
Ce qu’il faut garder en tête
- La première association est corrélationnelle : on ne peut pas en déduire que l’auto-compassion réduit les symptômes. Une personne moins déprimée se montre sans doute aussi plus bienveillante envers elle-même.
- Les expériences de laboratoire portent sur des effets à court terme, avec des échantillons souvent étudiants. Elles disent peu de choses sur ce qui se passe au bout de plusieurs mois.
- Les mesures reposent sur un questionnaire d’auto-évaluation : il reflète ce que les gens disent d’eux-mêmes, pas leur comportement réel.
En pratique : la bienveillance envers soi n’est pas contradictoire avec l’exigence. La question utile après un échec n’est pas « Suis-je nul ? » mais « Qu’est-ce que je peux faire différemment ? ».
Sources
D’après PubMed :