Neurosciences
L'exercice aérobie fait-il grossir l'hippocampe ?
Un essai randomisé sur 120 personnes âgées a montré qu'un an d'exercice aérobie augmentait le volume de l'hippocampe et améliorait la mémoire spatiale. Ce que ce résultat établit — et ce qu'il laisse ouvert.
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L’hippocampe, région clé de la mémoire, rétrécit avec l’âge, ce qui s’accompagne de troubles de la mémoire et d’un risque accru de démence. Peut-on freiner ce déclin ? Une étude souvent citée a testé l’exercice aérobie.
L’essai
Erickson et coll. (2011) ont mené un essai randomisé contrôlé auprès de 120 adultes âgés.
- L’entraînement aérobie a augmenté de 2 % le volume de la partie antérieure de l’hippocampe — ce qui, selon les auteurs, correspond à inverser 1 à 2 ans de perte liée à l’âge.
- Chez le groupe témoin, le volume de l’hippocampe a diminué.
- La mémoire spatiale s’est améliorée.
- L’augmentation du volume était associée à de plus hauts niveaux sanguins de BDNF, une protéine impliquée dans la plasticité cérébrale et la neurogenèse dans le gyrus denté.
- Le noyau caudé et le thalamus n’ont pas changé : l’effet n’était pas global.
Prudence
- C’est un essai, sur des personnes âgées : il ne dit pas que le même effet existe chez les jeunes adultes.
- L’association avec le BDNF est une corrélation : elle n’établit pas que le BDNF produit le gain de volume.
- Le volume d’une structure n’est pas la même chose que sa fonction. Les améliorations de mémoire sont réelles, mais modestes et à confirmer sur d’autres cohortes.
- La question de la formation de nouveaux neurones à l’âge adulte est elle-même débattue (voir notre quiz « Neuromythes ») : le mécanisme exact reste ouvert.
À retenir : c’est l’un des arguments les plus solides pour que l’activité physique régulière fasse partie de l’hygiène cérébrale, sans pour autant garantir un effet pour chacun.
Sources
D’après PubMed :
- Erickson K. I. et coll. (2011). Exercise training increases size of hippocampus and improves memory. PNAS. DOI